Hommes de mer – La pêche hauturière – préparatifs – Episode 2
Loctudy, 6 h 30.
Le quai est encore désert. Une voiture s’avance lentement et s’arrête près du Pax Vobis.
Ousmane ouvre la portière, me salue d’un large sourire.
Au loin, une silhouette se dessine : Christophe.
Il marche seul vers le navire, bagages en main, prêt à embarquer pour une nouvelle campagne — une nouvelle absence d’une quinzaine de jours. Une parmi tant d’autres.
Andrés le rejoint, puis Issa — carrure d’athlète, t-shirt noir, regard tranquille.
Un à un, ils montent à bord, leurs sacs d’effets sur l’épaule, le pas assuré. L’escalier étroit les avale, direction leur univers clos : couchettes, cuisine, sanitaires…
Le Pax Vobis s’éveille doucement.
Dans les entrailles du navire, Andrés, le mécanicien, s’affaire déjà. Il inspecte, trie, prépare les pièces détachées : ici, rien ne doit être laissé au hasard.
Sur le pont, Christophe, chef ramendeur, responsable de l’avitaillement, vérifie minutieusement la liste des denrées.
La nourriture est un élément majeur, c’est le carburant des hommes. Elle porte leur énergie à travers les longues heures de travail rude, dans le froid, la houle, la fatigue.
Issa, lui, range le matériel. Chaque objet a sa place, arrimé, prêt à l’emploi.
À l’arrière, Ousmane s’affaire près des chaluts encore enroulés — cet endroit encore endormi deviendra bientôt le cœur battant du bateau.
Ousmane, Christophe, Andrès, Issa, cet équipage de professionnels aguerris, vont gagner à nouveau leur territoire de pêche, se confronter à cet élément sans concession : la Mer. De la passerelle, Éric, le patron pêcheur, les observe. Son regard, à la fois attentif et serein, embrasse chaque recoin du navire.
